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03 février 2011

Une soirée au bureau des lecteurs de la Comédie-Française

"On est resté bouche bée"

Hier soir donc, comme annoncé dans le dernier billet, lecture au Studio théâtre de la Comédie française.

Au programme Débris de Dennis Kelly. Un texte contemporain faisant partie d'une sélection d'oeuvres qui pourraient entrer au répertoire. Comme je vous le disais, ces textes font l'objet de lectures toute la semaine. Hier soir, on était des petits veinards : l'auteur himself était présent dans la salle car, par une coïncidence toute théâtrale, une autre de ses pièces est jouée actuellement au Théâtre de la Colline (Occupe-toi du bébé, mise en scène Olivier Werner).

Commençons par parler du texte puisque cette lecture était organisée pour nous le faire découvrir. L'histoire de deux enfants, Michael et Michelle, frère et soeur, élevés dans un milieu des plus défavorisés, ne connaissant ni l'amour ni la douceur d'un foyer. Un texte très dur, très cru. Première scène : le suicide du père par crucifixion devant son fils, le jour de ses 16 ans. On fait plus soft comme entrée en matière ... mais Dennis Kelly nous montre d'un bout à l'autre de ce récit, que le soft, c'est pas son truc. C'est pourtant une pièce sur l'amour. Et l'auteur lui même insiste sur ce point lors de la causerie d'après lecture. Une belle histoire d'amour filial en somme : Michael découvre un bébé dans un tas d'ordure et ,en même temps, ce que peut ressentir un homme en devenant père. Débris, c'est le nom qu'il donne à ce nourrisson sorti des immondices à demi-mort et qu'il ramène à la vie.

Le récit est poignant, le public est suspendu à cette lecture mais on ne peut s'empêcher de se demander ce que cela donnerait dans une vraie mise en scène. Rester dans le dépouillement comme cette lecture ? Créer des décors ? La pièce a déjà été montée à Londres, et je serai très curieuse de voir à quoi cela peut ressembler.

Venons-en au comédiens à présent. La lecture est dirigée par Alain Lenglet. Deux comédiens sur scène. Dans le rôle de Michelle, la pétillante Julie Sicard. Un bonbon acidulé qui se fond parfaitement dans ce personnage de fillette écorchée par la vie. Et puis Julie Sicard, c'était Lise dans L'illusion comique ... et comme c'est dans sa bouche que j'ai entendu pour la première fois "Aime en tous lieux, perfide ...", forcément j'ai de la sympathie pour elle.

Dans le rôle de Michael, LUI. Qui ça lui ? LUI ! Ne comptez pas sur moi pour lâcher l'info et vous dire son nom. Je fais mon égoïste : si vous ne le connaissez pas, tant pis pour vous ! Vous n'avez qu'à chercher vous même et aller le voir sur scène au lieu de rester les fesses dans votre canapé à regarder des séries américaines (hier soir, j'ai renoncé à mes trois épisodes hebdomadaires de Grey's anatomy - nobody's perfect ! - et j'ai traversé Paris en bravant le froid pour LE voir sur scène). Inutile de vous faire une liste d'adjectifs pour décrire son talent. Cela n'y suffirait pas. Sachez seulement qu'il donne l'impression de vivre ce qu'il dit comme personne, d'être plus vivant que quiconque lorsqu'il joue, comme si chacune de ses cellules ne respirait que par et pour le théâtre. Et en plus il a un charme fou et un joli minois, ce qui ne gâche rien. 

Une fois que vous l'aurez vu sur scène, mesdemoiselles, soyez sûres que vos mecs ne dormiront plus jamais sereinement ... la comparaison doit être si dure à souffrir!

Commentaires

Eh bien, quel engouement ! (pour Loïc Corbery, je veux dire)

J'aime beaucoup le thème de la pièce, je pense que cela m'aurait plu d'aller à cette lecture...

Écrit par : Minyu | 30 avril 2011

Aujourd'hui, à "La Grande table" sur France Culture, vers 12.20, une critique dithyrambique de "Badine" au vieux Colombier. les extraits, où l'on entend Corbery en Perdican, font frissonner... Cela va être un Perdican d'anthologie! C'est pour vous! On attend la critique.

Écrit par : anne | 13 mai 2011

Chère Anne, figurez-vous que je vais voir la pièce demain soir et j'espère que cela sera à la hauteur de mes (très grandes) espérances. Je vous raconte cela dimanche.

Écrit par : audrey | 13 mai 2011

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