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30 janvier 2011

"Le Nombril" de Jean Anouilh à la Comédie des Champs Elysées

"Ah ! Elle n'est pas belle
à contempler nue, la vérité ..."

Profitant du tarif réduit "Premiers aux premières"  proposé par la Comédie des Champs Elysées, je suis allée  voir, hier soir, Le Nombril de Jean Anouilh, mis en scène par Michel Fagadau.

Le Nombril, c'est la dernière pièce de Anouilh, écrite en 1987. L'histoire tient en quelques lignes : Léon (Francis Perrin), un auteur de théâtre, bloqué chez lui par une crise de goutte, voit ses proches défiler un à un pour lui soutirer de l'argent, tout en le traitant d'égoïste et en remettant en cause son oeuvre. Une pièce sur la famille, donc, mais aussi une mise en abîme du théâtre et de la perception de l'auteur par ses proches. "Ton théâtre est commercial" se verra lancer en pleine figure Léon, à qui on reproche de ne pas faire du théâtre d'avant-garde.

Un de mes amis dit toujours que, si la première chose que l'on trouve à dire à une comédienne sortant de scène c'est "Ma chéri ta robe est merveilleuse", cela signifie en général que son interprétation n'est pas fabuleuse ... Et hier soir, il faut bien l'admettre, c'est la beauté des costumes qui m'a le plus interpelée. De somptueuses robes années 50. Un sens du détail allant jusqu'à des bas avec une couture à l'arrière de la jambe (oui je sais, il faut être un peu toquée - ou fashion victim - pour remarquer cela). On soulignera donc que les costumes sont signés Pascale Bordet.

Si j'ai surtout apprécié les costumes, est-ce à dire que les comédiens jouaient mal ? Mon côté "bon spectateur" m'empêche d'aller jusque là ... Disons plutôt que j'apprécie le jeu plus épuré. J'ai tendance à croire , mais peut- être ai-je tort, que quand le texte est drôle, pas besoin d'en faire des tonnes pour faire rire le public. Pourtant cela marche : hier, la salle était hilare. Moi, plutôt agacée par certaines grimaces, à mon avis parfaitement inutiles.

Je n'avais jamais vu Francis Perrin sur scène. Par contre, j'avais déjà vu une pièce montée par Michel Fagadau l'année dernière: Colombe (avec Anny Duperey et Sara Giraudeau). Déjà du Anouilh et déjà la Comédie des Champs Elysées. Une pièce que j'avais trouvé plutôt bien (même si certaines critiques n'avaient pas été tendres), beaucoup plus en finesse que ce Nombril. Mais il est vrai aussi que l'intrigue de Colombe m'avait un peu plus séduite que celle-ci.

On rappellera tout de même qu'il s'agissait hier soir de la première. Peut-être que tout cela va s'affiner au fil des représentations ... mais en attendant, je ne garderai pas de cette soirée un souvenir impérissable.

28 janvier 2011

"Thriller live" au Zénith

"Can you feel it ? Can you feel it ?
Can you feeeeeeeeel it ?"

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas parler cette fois-ci d'une pièce de théâtre mais d'un spectacle musical.

Je n'ai jamais été une fan de Michael Jackson. Mais avoir filmé 200 passionnés en train de danser Thriller sous la Tour Eiffel la semaine dernière et avoir interviewé Adrian Grant, le créateur du spectacle, m'a donné envie d'aller voir "Thriller live" au Zénith.

"Thriller live", qu'es aco ? Pas une comédie musicale qui raconte la vie de Michael Jackson. Juste ses plus grands tubes présentés sur scène comme il aurait pu le faire lui-même ... Enfin pas tout a fait, plutôt comme si tous les Michael Jackson successifs - j'attends par là les différents styles qu'il a incarnés au fil de sa carrière - étaient sur scène le même soir. Le MJ des Jackson five, puis celui de Thriller et Bad et celui des années 90. Le Michael disco, le rocker, le chanteur de Soul et bien sûr le danseur.

Petite précision, mais cela a son importance : ce spectacle n'a pas été créé à la mort de Jackson mais en 2006. Inutile donc de crier à la récupération commerciale.  Créé à Londres, le spectacle faisait donc escale à Paris cette semaine, pour quelques représentations seulement.

Voilà pour le contexte. Venons-en au spectacle : époustouflant tout simplement (ou comme l'a dit, un peu moins élégament, mon voisin de strapontin "Putain, ça envoie !"). Dix danseurs et danseuses de haut niveau(avec une parité parfaite)  et six chanteurs. Car c'est là que réside selon moins la réussite du spectacle : avoir d'entrée de jeu admis qu'une seule et même personne ne pourrait pas faire aussi bien que la King of pop, vocalement et chorégraphiquement. Quatre hommes, une femme et un enfant (pour la période Jackson 5) se succèdent donc au micro, en fonction du style et de la tonalité de la chanson. Le tout sur un rythme effreiné (comment font les danseurs pour changer de costumes aussi vite et enchaîner les chansons sans être essouflés ?)

Tous les hits y sont (coup de coeur personnel pour "the way you make me feel") et, c'est assez rare pour être souligné, la musique est jouée en live par un orchestre dissimulé derrière un écran géant. Seul bémol : l'ensemble du spectacle est en V.O, y compris les speaches entre les chansons. Difficile pour certains de suivre et difficile aussi pour les chanteurs d'entrer en interaction avec le public.

Malgré tout, l'ambiance prend. Le spectacle est aussi dans la salle : les fans sont au rendez-vous et enchainent les chorégraphie face à la scène. Dans ces conditions, il devient vite impossible de rester sagement assis sur son fauteuil. Quelque chose comme à vous démanger.  Alors on se met debout et on se surprend à danser entre les sièges. C'est inéluctable : ce soir-là, par la force des choses, je suis devenue pour quelques heures une fan de Michael Jackson.

25 janvier 2011

"La duchese de Malfi" au Théâtre 71 à Malakoff

"Elle ternit le passé et illumine l'avenir"

Cette pièce-là pourrait bien entrer dans le top 10 de celles que j'ai le plus aimées. Un beau texte, une héroïne fascinante, voire éblouissante, et une interprétation irréprochable.

Il s'agit de La duchesse de Malfi, présentée au Théâtre 71 à Malakoff. Comme beaucoup, je ne connaissais pas ce texte, ni même son auteur, l'Anglais John Webster, contemporain de Shakespeare. Mais comme j'ai toujours un a priori positif sur les pièces dont le rôle-tître est une femme, j'ai tenté l'aventure.

J'ai lu (et je ne dirai pas où) que cette pièce était "un pilier du répertoire britannique". Je me suis alors sentie un peu ignare mais, en bonne journaliste, j'ai cherché à vérifier l'info. Et cela tombe bien, une de mes proches est mariée avec un Anglais et vit en Angleterre. Alors Webster? Inconnu au bataillon (bon, je vous l'accorde, mes amis ne sont pas des spécialistes du théâtre élisabéthain, mais quand même, "un pilier du répertoire" ...). J'ai donc poursuivi mes recherches sur le net. Webster est principalement connu pour deux oeuvres :  The White Devil (1609-1612) et The Duchess of Malfi (1613-1614, éd. 1623), parfois traduite en Français sous le tître La Duchesse d'Amalfi. Quant à savoir si ces ouvrages sont étudiés par les écoliers britanniques, il semblerait que non ...

Bien dommage donc que cette duchesse-là soit si méconnue. Jeune veuve, elle se voit interdire un second mariage par ses deux frères. Qu'importe, la duchesse est une insoumise qui, non seulement passe outre et se remarie, mais, qui plus est, choisit pour mari son intendant, un homme n'ayant pour rang et fortune que son intelligence. Un vrai mariage d'amour qui reste secret et duquel naîtront trois enfants. La tragédie, car c'en est une, débutera lorsque les deux frères découvriront cette union et y mettront fin au  nom de la morale - alors même que l'un des deux, cardinal, vit de façon des plus dépravée, et que l'autre nourrit des sentiments incestueux pour sa soeur ... Et c'est dans les épreuves que ses chers frères lui font subir qu’apparaît au grand jour la grandeur de l'héroïne. Pour rien au monde elle ne reniera son amour, quitte à être ouvertement traitée comme une putain.  

L'histoire est écrite au 17eme siècle, l'action se déroule au 16eme siècle en Italie (s'inspirant de l’histoire vraie de la Duchesse d’Amalfi et d’Antonio Bologna à Milan) mais le texte est résolument moderne. Sans doute parce qu'il a été retraduit et adapté  par la metteuse-en-scène elle-même, Anne-Laure Liégeois, en collaboration avec Nigel Gearing. Un travail ciselé qui nous suspend aux lèvres des comédiens pendant 3h15 (tout de même) sans que l'on s'ennuie une seule minute.

Chapeau bas !

Au Théâtre 71 à Malakoff jusqu'au 5 février 2011 puis à Châtenay-Malabry (92) le 10, à Colmar les 16 et 17. En mars : Amiens (les 8 et 9), Limoges (du 15 au 18) et Besançon (du 23 au 25 mars 2011)