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26 mars 2015

Théâtre de l'Atelier : un tarif préférentiel pour les lecteurs du blog !

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Le Théâtre de l'Atelier propose un tarif préférentiel aux lecteurs de Mes illusions comiques pour ses deux pièces actuellement à l'affiche.

Pour Les Années de Annie Ernaux, lecture effectuée par la comédienne Dominique Blanc, pour toute place achetée, une place sera offerte (jusqu'au 29 mars inclus, dans la limite des places disponibles).


Pour la pièce de Daniel Pennac Ancien malade des Hôpitaux de Paris, mise en scène par Benjamin Guillard et interprétée par Olivier Saladin, la place est à 15€ (+1,10€ de frais de location) au lieu de 34,10€ (jusqu'au 12 avril 2015, dans la limite des places disponibles).

Pour profiter de ces deux offres, il suffit de réserver directement à la billetterie du théâtre, par téléphone (01 46 06 49 24) et de bien mentionner le nom de code de cette promotion : "BLOGS"

17 mars 2015

Mesure de nos jours de Charlotte Delbo / Claude-Alice Peyrottes / Théâtre de l'Epée de Bois

"Seules leurs voix demeuraient ..."

Au Théâtre de l'Epée de bois, Claude-Alice Peyrottes adapte et met en scène Mesures de nos jours de Charlotte Delbo, écrivaine résistante rescapée des camps.

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Charlotte Delbo est une femme de théâtre. Secrétaire de Louis Jouvet, cette militante communiste décide de rejoindre la Résistance alors qu'elle participe à une tournée en Amérique latine. L'histoire dit que Jouvet tenta de la retenir ... en vain. C'était en 1941. Elle et son mari furent arrêtés un an plus tard. Lui, fusillé au Mont-Valérien ; elle déportée. Un convoi de 230 femmes parti de Compiègne direction Auschwitz, destination pourtant inhabituelle pour les déportées politiques. Quarante-neuf d'entre elles seulement en revinrent, vingt-sept mois plus tard. Avec une idée fixe : témoigner.

Mesures de nos jours est la troisième partie de l’œuvre intitulée "Auschwitz et après". L'ouvrage (dont la forme initiale n'est pas théâtrale précisons-le) se concentre sur la difficulté de reprendre le cours de sa vie après une telle épreuve. Charlotte Delbo fait témoigner quatre résistantes, ses compagnes de captivité, ainsi qu'une déportée juive qu'elle rencontra en maison de convalescence, à l'issue de la guerre.

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Photo : Stéphanie Petitjean


Six voix qui se mêlent et s'entremêlent pour raconter. A tour de rôle, chacune se lève pour livrer son histoire. Les autres écoutent, réagissent. Face à l'horreur de ce qu'elles ont vécu, elles font parfois, malgré tout, preuve d'humour. Est-il plus facile d'avoir un mari ancien déporté lui aussi ? L'une le croit, tant il lui est difficile de communiquer avec son époux. Mais une autre s'empresse de la détromper : les hommes sont de petites natures qui se remettent plus difficilement et geignent du matin au soir.

Le récit le plus poignant est sans nul doute celui d'Ida, la déportée juive que Charlotte rencontra à son retour. Ida Grinspan n'avait que 14 ans à son arrivée à Auschwitz. Le voyage et la déportation, Ida les a vécus seule, loin des siens car l'adolescente avait été placée en famille d'accueil à la campagne au début de la guerre. Une l'émotion renforcée par la présence dans la salle lors de cette représentation là d'Ida. Aujourd'hui octogénaire, Ida a lu et relu les écrits de Charlotte Delbo dont elle est restée très proche, jusqu'à la mort de l'écrivaine en 1985. Mais c'était la première fois qu'elle entendait ces mots, qu'elle se voyait sur scène. Alors forcément, à la fin de la pièce, ses larmes humectèrent les yeux de chaque spectateurs...


Loin d'être sombre, l'oeuvre de Charlotte Delbo nous montre aussi la force de cette amitié née de l'horreur. Les absentes, mortes là-bas, et les interrogations sur ce qui fait que telle a survécu et non telle autre sont au cœur de leurs discussions, certes, mais ce que met en valeur la pièce, c'est l'immense complicité de ces femmes. En cela elle apporte un message positif et porteur d'espoir. 

Mesures de nos jours de Charlotte Delbo, adaptation et mise en scène Claude-Alice Peyrottes. Avec Sophie Amaury, Sophie Caritté, Marie-Hélène Garnier, Claude-Alice Peyrottes, Maryse Ravera et Maud Rayer. Au Théâtre de l'Epée de bois (Cartoucherie de Vincennes), jeudi et vendredi 20h30, Samedi 20h et 16h, dimanche 16h, jusqu'au 22 mars 2015. Réservations au 01 48 08 39 74. Durée : 1h20.

13 mars 2015

Histoire d'une vie de Aharon Appelfeld / Bernard Levy / Théâtre 71 (Malakoff)

"Il n'y a rien à dire"

Histoire d'une vie@Pierre-Yves Mancini - 2.jpgPhoto : Pierre-Yves Mancini

Une vie passée à se reconstruire après une enfance brisée par la Shoah. Un comédien, seul en scène pour nous livrer les mots de Aharon Appelfeld, écrivain juif échappé d'un camp de concentration alors qu'il n'avait que 10 ans. Histoire d'une vie est à découvrir jusqu'au 19 mars 2015 au Théâtre 71 de Malakoff, dans une mise en scène de Bernard Levy.

C'est un récit bouleversant. Un de ceux qui vous forcent à étouffer des sanglots dans votre fauteuil. Parce que l'histoire est tragique, bien sûr, mais surtout parce que le récit s'attache à décrire autre chose que ce que l'on a souvent entendu sur la Shoah. Aharon Appelfeld ne nous raconte pas sa vie dans la camp : ce qu'il nous raconte c'est l'avant et l'après. Son enfance en Bucovine (l'actuelle Roumanie) et sa vie d'adulte en Israël. L'on comprend alors ce qu'il a perdu et comment il a du réapprendre à vivre.

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Photo : Pierre-Yves Mancini

La cage de scène est rétrécie, créant une fausse perspective. Sur les murs, des mots apparaissent. Tantôt assis sur une chaise, seul accessoire du décor, tantôt debout faisant les cent pas, Yves Bosc porte cette parole, ces souffrances une heure durant.

Le souvenir que laissent la première pomme trouvée dans la forêt lors de la fuite, le premier ruisseau dans lequel l'on se désaltère ... Appelfeld s'attache à décrire la mémoire du corps. Les mots sont simples mais magnifiques. Il y a aussi cette longue marche dans la boue et le froid et les efforts d'un père pour sauver son enfant. Malgré sa grande carcasse, Yves Bosc est soudain ce petit garçon dont le père s'échine à réchauffer les pieds contre son ventre chaque soir.

Devenu orphelin, Appelfeld est envoyé en Israël dès 1946. Lui qui a déjà perdu ses parents perd alors sa langue. Ne plus parler allemand, yiddish ou ruthène, ses langues maternelles, mais hébreu. Un nouveau langage qu'il faut apprivoiser pour se reconstruire. L'amour des mots c'est finalement ce qui a sauvé Aharon Appelfeld. Un amour des mots si bien retranscrit dans cette pièce. Le texte est magnifique, redisons-le, l'interprétation sobre, avec juste ce qu'il faut d'émotion pour ne pas tomber dans le pathos. Une très très belle adaptation.

Histoire d'une vie de Aharon Appelfeld, traduction Valérie Zenatti, adaptation Jean-Luc Vincent et Bernard Levy, mise en scène Bernard Levy. Avec Thierry Bosc et les voix de Zohar Wexler, Emmanuelle Grangé, Bernard Weisbrot et Robert Hatisi. Au Théâtre 71 à Malakoff, mardi et vendredi à 20h30, mercredi, jeudi et samedi à 19h30 et dimanche à 16h, jusqu'au 19 mars 2015. Réservations au 01 55 48 91 00. Durée : 1h15