17 mai 2012

Une BD pour découvrir la vie d'Olympe de Gouges, révolutionnaire mais aussi dramaturge

olympes de gouges, catel, bocquet, casterman, bande dessinéeD'Olympe de Gouges nous connaissons pour la plupart le destin révolutionnaire. Féministe de la première heure, elle rédigea notamment la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Mais saviez-vous vous que cette femme de lettres - à qui l'ont doit de nombreux essais et pamphlet - fut aussi une dramaturge ?

L'ouvrage que lui consacrent Catel Muller et José-Louis Bocquet - a qui l'on doit aussi celui consacré à Kiki de Montparnasse - fait la part belle à cet aspect de sa vie.

Une bande dessinée où l'on suit notamment Olympe dans son combat pour faire jouer ses pièces à la Comédie-Française, de déjeuners au Procope en compagnie de Talma, alors jeune sociétaire, à la première de Zamore et Mirza, pièce très critique à l'égard de l'esclavage.

Bien sûr, au coeur des événements révolutionnaires, le parcours théâtral d'Olympe de Gouges n'occupe qu'une partie du récit mais nous permet de découvrir avec précision ce milieu impitoyable où l'entregent est nécessaire pour imposer ses oeuvres. Passionnant !

Olympe de Gouges de Catel et Bocquet, Casterman écritures, 400 pages, 24 euros.

14 mai 2012

Comédie-Française : Eric Ruf nous émerveille avec "Peer Gynt" au Grand Palais

"Jusqu'au plus intime de l'intime,
tout n'est que pelures - 
et de plus en plus minces."

peer gynt,grand palais,comédie française,eric ruf,hervé pierre,florence viala,serge bagdassarian,christian lacroixDémésuré, époustouflant ... les superlatifs manquent pour qualifier le Peer Gynt proposé par la Comédie-Française au Grand Palais. "Monumental" pourrait-on dire en référence à l'exposition accueillie juste à côté.

Eric Ruf a vu grand et ne s'est pas planté. Le metteur en scène arborait un sourire ému samedi soir, pour la première, au moment des saluts, aux côtés de Christian Lacroix dont les costumes nous ont éblouis, au propre comme au figuré.

La scénographie est originale. Plus conforme à un défilé de mode qu'à une pièce de théâtre, la scène est un long ruban  - façon catwalk - de par et d'autre duquel sont placés les spectateurs. Aux deux extrémités de ce chemin, les coulisses. Assise au première rang, on se prend un peu pour Anna Wintour en front row mais on oublie vite cette originalité tant on se laisse emporter par le récit.

C'est une vraie saga que cette oeuvre écrite par Henrik Ibsen en 1867. Une épopée inspirée des légendes du grand Nord, qui tient autant du récit initiatique que du conte fantastique. Le héros, fuyant la Norvège, parcours l'Afrique avant de revenir sur sa terre natale. En l'écrivant, Ibsen s'est totalement exonéré des contraintes matérielles du théâtre.

Peer Gynt, c'est Hervé Pierre. Le comédien, déjà à son meilleur dans La Grande Magie, montre à nouveau tout son talent. Un rôle difficile : le récit court sur des décennies, il faut pouvoir interprêter le héros adolescent puis vieillard. Qu'importe, Hervé Pierre est tout à son aise  (même en caleçon).

Démesuré vous disais-je en préambule. Pas moins de 24 artistes sur scènes, comédiens et musiciens confondus. Il n'en fallait pas moins pour camper la centaine de personnages. On n'ose imaginer les changements de costumes en coulisses ! Des costumes tous très élaborés, du peuple de trolls en guenilles aux filles du désert recouvertes de dorures. Du grand art.

Impossible de citer tous les comédiens. Soulignons juste les belles prestations de Florence Viala et Serge Bagdassarian. Et quel plaisir de voir Catherine Samie sur scène ! Elle incarne Ase, la mère du héros. Le metteur en scène ne lui a rien épargné : à califourchon sur le dos d'Hervé Pierre, la voilà qui grimpe ensuite sur un poteau. Toujours alerte, la sociétaire honoraire ne rappelle à quel point elle est une grande comédienne.

Alors, bien sûr 4h40 cela effraie un peu ; bien sûr, le récit est dru, parfois un peu ardu tant il multiplie les décors, les lieux, les personnages mais c'est un vrai tour de force que de monter cette oeuvre. Un tour de force, réussi qui plus est, à côté duquel il serait dommage de passer.  

Peer Gynt de Henrik Ibsen (texte français de François Regnault), mise en scène et scénographie d’Éric Ruf. Avec Catherine Samie, Catherine Salviat, Claude Mathieu, Michel Favory, Éric Génovèse, Florence Viala, Serge Bagdassarian, Hervé Pierre, Bakary Sangaré, Stéphane Varupenne, Gilles David, Suliane Brahim, Nâzim Boudjenah, Jérémy Lopez, Adeline d’Hermy, les élèves-comédiens de la Comédie-Française (Romain Dutheil, Cécile Morelle, Émilie Prevosteau, Samuel Roger, Julien Romelard) et les musiciens Floriane Bonnani, Hervé Legeay, Vincent Leterme, Françoise Rivalland.
Un spectacle de la Comédie-Française, présenté au Grand-Palais, jusqu'au 14 juin.
Réservations : 0 825 10 1680.

13 mai 2012

"Les Cancans" de Goldoni au Théâtre 13 : tourbillonnants et décoiffants !

"Voilà ce beau ragôt qui court les rues
et personne ne sait
de quel pavé il est sorti"

 

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Photos : Bruno Perroud

Transposer Les cancans de Goldoni dans une esthétique fifties, avec des costumes aux couleurs chatoyantes et un rythme rock and roll : voilà le pari, très réussi de Stéphane Cottin.

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Il faut les voir ces commères (Aurélie Bargème, Laure Guillem, Marine Lecoq, Marie-Christine Letort et Stéphanie Vicat) raconter des horreurs sur le mode de la confidence. Aucune ne peut tenir sa langue et révèle le secret contre la promesse qu'il sera bien gardé.

Une oeuvre qui se rapproche plus de Il Campiello que de  La Villégiature. L'ambiance est populaire - on s'interpelle par la fenêtre, on vit sur la place publique - les classes sociales évoquées plus modestes. Le ton de la pièce est aussi beaucoup plus léger : même si le regard porté sur ces commères est moqueur, on est loin du ton critique et parfois moralisateur que l'on peut trouver dans la trilogie.

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C'est vivant, c'est drôle. Bref un joli moment de détente à voir au Théâtre 13.

Les Cancans de Goldoni, mise en scène de Stéphane Cottin. Avec Aurélie Bargème, Adèle Bernier, Emmanuel Curtil, Laure Guillem, Jean-François Guillet, Marine Lecoq, Michel Lagueyrie, Marie-Christine Letort, Jean-­‐Pierre Malignon, Clément Moreau, Stéphane Olivié Bisson et Stéphanie Vicat.
Jusqu'au 10 juin 2012 au Théâtre 13/Jardin, le mardi, jeudi et samedi à 19h30, mercredi, vendredi à 20h30, le dimanche à 15h30. Réservations 01 45 88 62 22.